dimanche 23 octobre 2011

De la France, à la Nouvelle France… (première partie)

En ce premier jour d’octobre 1637, les cloches de l’Église Sainte-Trinité de Créances, en Normandie, ont probablement sonné pour annoncer le baptême de «symeon le roy», fils de «richard le roy», tel qu’il appert à son acte de baptême qui a été transcrit par Archange Godbout, le fondateur de la Société de Généalogie Canadienne Française de Montréal. Il est probable que l’original ait été détruit pendant la seconde guerre mondiale.

Acte de baptême de Siméon Leroy

C’est ainsi que débute l’histoire mouvementée et ponctuée de plusieurs rebondissements de mon ancêtre Siméon LeRoy-Audy.




Tout d’abord, l’origine du patronyme

Du temps des gaulois, on exploitait des salines dans la région de Créance. En ce temps, le sel valait son pesant d’or. Alors, on recueillait l’eau de mer et on la faisait bouillir pour en tirer le sel qu’elle contenait. Cette façon de faire exigeait des quantités prodigieuses de bois. Arriva ce qui devait arriver, cette ressource fut épuisée et, par le fait même, on avait défriché la région. Tout naturellement, on se tourna alors vers l’agriculture et, plus particulièrement, vers la culture maraîchère qui fait d’ailleurs toujours la renommée de cette région.

Un problème cependant… En effet, la région de Créances est un «plat pays», particulièrement en bord de mer. Or, si on veut cultiver des légumes en ces terres, il faut les protéger de l’invasion par l’eau de mer, deux fois par jour lors des marées hautes, mais aussi, il faut tenir compte des hautes marées d’équinoxe, au printemps et à l’automne.

Fonctionnement d'un aboiteau
Pour ce faire, les gens de Créances ont fait comme partout dans le monde pour récupérer à des fins agricoles, des terrains en bord de mer : ils ont bâti une digue, une levée de terre et ont installé des aboiteaux, ces structures de bois qui empêchent l’eau de mer de pénétrer à l’intérieur de la digue lors des hautes marées mais qui laissent écouler les eaux de pluie et de ruissellement lors des basses marées. Dans l’ancienne langue scandinave, on désigne ces digues par diki, dy ou dics (au pluriel). Partout dans la région de Créances et pas seulement dans la région immédiate, on utilise encore ce(s) mot(s) pour désigner ces levées de terre, ces digues.

Pour construire et entretenir ces aboiteaux, il faut des menuisiers. Or, l’abbé C. Tanguay dans son «Dictionnaire généalogique des familles canadiennes depuis la fondation de la colonie jusqu’à nos jour» mentionne que Siméon était menuisier.

D’autre part, comme on le verra plus loin, nous sommes en mesure de démontrer que Siméon était soldat lorsqu’il a quitté la France.

Ainsi, le site Internet Historia mentionne : « Lorsqu'un soldat entre dans l'armée française, on lui attribue un surnom ou nom de guerre, par exemple Philibert Couillaud dit Roquebrune... Ce surnom prend un caractère officiel. Il devient l’équivalent du numéro matricule. Les soldats sont reconnus par leurs noms, prénoms et noms de guerre ».

Le nom de guerre était attribué lors de l’enrôlement du soldat. Comme déjà mentionné, Siméon était originaire de Créances. Or, il existe tout près de Créances un hameau qui se nomme encore aujourd’hui Haut Dye.
Le Haut Dye de Créances est un hameau de quelques habitations situé en bord de mer et, qui plus est, la rue y conduisant s’appelle la rue Haut Dy. Le site Internet de Mapquest-France permet de localiser la rue Haut Dy à Créances.

Appelé à se choisir un nom de guerre, il est tout à fait plausible que Siméon ait simplement utilisé son lieu d’origine comme nom de guerre : Siméon Leroy de Haut Dy. D’autre part, Siméon LeRoy de Haut Dy est phonétiquement près de Siméon LeRoy dit Audy.

Au XVIIe siècle, l’orthographe des mots était fort variable. Ainsi, dans un contrat rédigé par le notaire royal Gilles Rageot, le nom de Siméon y est mentionné à six reprises et  les différentes graphies de son nom sont alors les suivantes : Simon LeRoy dit Le Haudy, LeRoy dit Audy, Simon Le Roy dit Audy, Audit et Simon Le Roy (à deux reprises).

Transcription de l’acte de baptême :

                                                      Le premier jour d’octobre mil
                                                      six cents trente sept fut baptizé
                                                      ung filz pour richard le roy
                                                      nome symeon par francois
                                                      gallens et y etaient prntz Jacques leroy
                                                      et Jean lenoir fils de marin et autres
Pour en savoir plus:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Aboiteau

3 commentaires:

  1. I am a descendant of Simon through Leonard Treny Larrowa /LeRoy

    1674–1750
    Birth 15 SEP 1674 • St Joseph, Quebec, Canada

    Death 1750 • Schoharie, Schoharie, New York, United States

    Cindy Barris-Speke

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    Réponses
    1. Hi Cindy, if interested to share more infos drop me a word at emile.audy@gmail.com...
      Have a nice day
      Emile

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